Opération Casseroles : Ex aequo dénonce les coupes à la sécurité du revenu et à l’intégration à l’emploi que prévoit faire le ministre Sam Hamad.

Opération Casseroles : Ex aequo dénonce les coupes à la sécurité du revenu et à l’intégration à l’emploi que prévoit faire le ministre Sam Hamad.
Communiqués - 11 mars 2015
Opération Casseroles : Ex aequo dénonce les coupes à la sécurité du revenu et à l'intégration à l'emploi que prévoit faire le ministre Sam Hamad.

Montréal, le 10 mars 2015 – Le gouvernement impose son régime austère à l’assistance sociale et au Contrat d’intégration au travail : nous ne le digérons pas ! Semaine 2 de l’opération Les casseroles surchauffent.

Ex aequo appuie sans réserve les groupes du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) et de nombreux groupes et regroupements, incluant la Ligue des droits et libertés du Québec, le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et les Auberges du cœur, qui ont dénoncé, vendredi dernier, les coupes à la sécurité du revenu cachée derrière les cinq nouvelles mesures contenues au projet d’amendements au Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles. Le nouveau Ministre du Travail, de l’emploi et de la solidarité sociale, Sam Hamad, doit non seulement renoncer à ces mesures régressives, mais refinancer le Contrat d’intégration au travail (CIT) qui fait perdre tout espoir de conditions de vie décentes pour les personnes précarisées.

Pénaliser l’entraide ?
La personne recevant de l’aide sociale qui aura deux colocataires, dont les noms ne figurent pas au bail, sera considérée systématiquement par la Ministère du Travail, de l’emploi et de la solidarité sociale comme ayant des « revenus de chambres ou pension ». Ainsi, la prestation de sécurité du revenu sera réduite de 125$ à cause du 2e « supposé chambreur », c’est-à-dire, une pénalité de 125$ par personne à partir du 2e chambreur. Pour les jeunes comme pour les personnes en situation de handicap, la colocation est un moyen d’entraide essentiel afin de préserver un niveau « décent » de vie. Les personnes en situation de handicap peuvent souvent trouver de l’aide autour d’eux ; accueillir une autre personne est synonyme d’amélioration de leur « sécurité », et pas seulement financière. « J’ai vécu plusieurs situations où mon coloc m’était indispensable ! Des situations toutes simples et liées à ma déficience qui faisaient que j’avais besoin d’être retournée dans mon lit la nuit ou simplement, d’être ramassée parce que j’étais tombée. J’ai déjà appelé le 9-1-1 pour une situation comme celle-là et j’ai dû attendre des heures sans trop pouvoir bouger… Maintenant, mon coloc peut m’aider et ça me permet de rester chez moi », raconte Karo, une jeune femme en situation de handicap bénéficiaire de l’aide sociale.

D’un côté, on coupe l’aide sociale, de l’autre, on empêche l’accès à l’emploi : une aberration.
Non seulement, le ministre Sam Hamad s’apprête à appauvrir davantage les personnes vivant de l’aide sociale, mais il soutient de moins en moins ces personnes dans leurs démarches d’intégration et de maintien en emploi. Ce constat est particulièrement criant chez les personnes en situation de handicap qui accèdent encore plus difficilement au marché du travail. Selon, l’Institut de la statistique du Québec, en 2006, 54,8% des personnes âgées entre 15 et 64 ans et ayant des incapacités ont un revenu annuel de 15 000 $ et moins.

Une forte proportion d’entre elles aspirent à occuper un emploi et ainsi améliorer leurs conditions de vie. Malgré cette situation et les données alarmantes sur la pauvreté des personnes en situation de handicap, l’ancien Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale a gelé, en mai 2014, l’enveloppe du programme « Contrat d’intégration au travail ». Cette décision nous apparaît invraisemblable puisque ce programme s’est avéré déterminant pour ces personnes désireuses d’investir le marché du travail ou souhaitant être maintenue en emploi. Nous demandons de suspendre les gels du programme CIT (Contrat d’intégration au travail) et de voter des crédits budgétaires additionnels pour financer pleinement ce programme.

Nouvelle tarification
En plus d’être appauvries par ces coupes à l’aide sociale et ce gel du Contrat d’intégration au travail, on oublie que les personnes en situation de handicap vivent aussi des augmentations de tarifs ou, dans bien des cas, l’apparition de nouveaux tarifs, pour des programmes qui visent simplement à pallier à leur situation de handicap. Pensons ici aux coupures pour l’aide à la préparation de repas que nous avons dénoncées la semaine dernière.

Rappelons que ces derniers programmes sont de la responsabilité de l’État et visent à honorer la LOI ASSURANT L’EXERCICE DES DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES EN VUE DE LEUR INTÉGRATION SCOLAIRE, PROFESSIONNELLE ET SOCIALE. Couper dans l’aide sociale et les CIT, en plus d’augmenter de toutes parts les tarifs, c’est précariser ces personnes qui représentent entre 10% et 13% de la population. « Quel espoir ces personnes ayant soif d’inclusion auront-elles maintenant ? Quel avenir le gouvernement leur réservent-elles après ces coupes ?, » questionne Pierre-Yves Lévesque, directeur général d’Ex aequo.

Refusons l’austérité pour sauver l’inclusion sociale !

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Ex aequo est un organisme montréalais sans but lucratif qui se consacre, depuis 1980, à la promotion et à la défense des droits des personnes ayant une déficience motrice. Ex aequo favorise l’action citoyenne de ses membres et la concertation avec différents organismes.

Source :
Relationniste, Marie-Claude Normandin, info@exaequo.net, 514.288.3852 p. 228
Organisateur communautaire, Benoit Racette, bracette@exaequo.net, 514 288-3852, p. 230
Ex aequo, www.exaequo.net