Stopper la crise permanente du logement des personnes en situation de handicap

Stopper la crise permanente du logement des personnes en situation de handicap
Communiqués - 25 septembre 2017

L’administration municipale sommée par des groupes communautaires manifestant près de l’Hôtel de Ville de s’engager pour un Info-Logements.

Stopper la crise permanente du logement des personnes en situation de handicap

Montréal, le 25 septembre – Alors que se déroule le dernier conseil municipal et avant le véritable déclenchement des élections, plusieurs groupes, à l’appel d’Ex aequo, se mobilisent sur la Place Vauquelin de l’Hôtel de Ville de Montréal pour réclamer un Info-Logement.

En termes clairs, il est demandé à l’administration municipale d’instaurer ou de soutenir durablement un espace web centralisé et universellement accessible qui informe les personnes, les organismes et les intervenants de la disponibilité d’un logement accessible, adapté ou adaptable.

Au-delà des données, ce sont actuellement les personnes en situation de handicap qui ne peuvent espérer déménager aisément ou trouver un logement sécuritaire qui permet de demeurer actif. Johanne, qui n’a pas encore 60 ans, ne peut quitter un CHSLD pour un logement adéquat. Brigitte, qui a véritablement souffert de ce manque d’information, n’a jamais pu trouver un logement assez grand pour vivre normalement avec ses deux enfants et l’espace pour ranger ses aides à la mobilité. Anis, quant à lui, aimerait déménager, quitter le nid familial, mais un logement aussi bien adapté que celui de ses parents - qui ont d’ailleurs dépensé de leur poche - est terriblement difficile à trouver. « On ne demande pas à beaucoup de citoyenNEs de prendre des mois ou même des années pour trouver un logement : il faut agir ! » revendique Simon Philippe Caron, agent de défense des droits chez Ex aequo.

L’impossible rencontre
Actuellement, il existe des logements « accessibles » dans le parc immobilier montréalais et gérés par des organismes paramunicipaux, des coopératives d’habitation ou des organismes sans but lucratif ou même simplement, des logements du marché locatif privé accessibles. La ville ne soutien en fait aucune base de données pour informer ses citoyenNEs. Conséquemment, les personnes en situation de handicap ne savent pas où chercher et les locateurs se retrouvent contraints de les louer à des personnes qui ne sont pas en situation de handicap. « Les comités logement et associations de locataires membres de notre regroupement sont souvent démunis quand une personne en situation de handicap leurs demande où elles peuvent trouver un logement accessible » relate Marjolaine Deneault, organisatrice communautaire du Regroupement des Comités Logement et Associations de Locataires du Québec (RCLALQ)

La Crise du logement causée par le handicap et la pauvreté
En plus des défis liés à l’obtention d’un logement accessible ou adapté à Montréal où la majorité des logements sociaux ne répondent pas à de bons standards en accessibilité universelle, on constate que 55% de la population des 15-64 ans en situation de handicap disposait de revenus annuels de moins de 15 000$ . Le défi est de taille considérant que 75% des personnes ayant une déficience qui sont membres d’un ménage vivant sous le seuil de faible revenu habite en appartement.

La question de la difficile accessibilité des logements sociaux est constatée depuis plusieurs années par le FRAPRU. Dans son « Dossier noir de la pauvreté et du logement » publié en 2014 et aussi, dans le cadre de sa tournée en cours sur le droit au logement, l’organisation accueille constamment des témoignages en ce sens. « À long terme, une solution durable serait un nombre suffisant de logements sociaux pour toutes les personnes vulnérabilisées. À court terme, aucun soutien pour régler la question de l’occupation de ces logements sociaux accessibles n’est assumé par la Ville de Montréal », s’étonne Céline Magontier, organisatrice communautaire au FRAPRU.

L’administration municipale a le pouvoir et le devoir de changer les choses
En 2011, la Ville de Montréal a adopté une Politique municipale en accessibilité universelle qui l’engage à « assumer un leadership » en cette matière. La semaine dernière, en grande pompe, l’administration municipale actuelle se réjouissait de son nouveau statut de Métropole et des nouveaux pouvoirs obtenus, notamment pour le secteur de l’habitation. En effet, l’ « Entente-cadre »intervenue entre le gouvernement du Québec et la Ville est non équivoque à cet égard : « Afin de lui accorder une plus grande autonomie dans le développement et la gestion de l’habitation, la Société d’habitation du Québec (SHQ) transférera à la Ville de Montréal les budgets et la responsabilité relatifs au développement de l’habitation sur son territoire ». Étant donné que cet engagement de soutenir la création d’un guichet unique pour informer des logements accessibles a été décrété comme « urgent » en 1978, il y a presque 40 ans, la pression sur la Ville est plus que jamais évidente. Un info-logement est un moyen clair d’assurer l’optimisation de son parc immobilier accessible et de rentabiliser ses investissements, qui représentent des millions de dollars, en adaptation des domiciles.

Mouvement de solidarité
Simon Philippe Caron d’Ex aequo s’enthousiasme des appuis croissants à la revendication. En plus des organismes Mémo-Québec et le RAPLIQ, plusieurs comités logement qui reçoivent depuis des années des demandes pour des logements sans savoir à quelles ressources les diriger sont du mouvement.

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Ex aequo est un organisme montréalais se consacrant depuis 1980 à la promotion et à la défense des droits des personnes ayant une déficience motrice. Ex aequo favorise l’action citoyenne avec ses membres et la concertation avec différents organismes.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain est un regroupement national pour le droit au logement. Le FRAPRU est aussi actif sur les enjeux d’aménagement urbain, de lutte contre la pauvreté et de promotion des droits sociaux. Il est présentement composé de quelque 160 groupes membres.

Le Regroupement des Comités Logement et Associations de Locataires du Québec (RCLALQ) se donne comme mandat principal de promouvoir le droit au logement et d’être un porte-parole politique pour les locataires, en particulier pour les ménages locataires à faible revenu.

N.-B. : des personnes en situation de handicap qui ont besoin d’un info-Logement sont aussi disponibles pour entrevue.

Source :
Benoit Racette,
Responsable des communications (relationniste)
Ex aequo
(514) 835-6453 (cell.)
(514) 288-3852, poste 230
bracette@exaequo.net

Simon Philippe Caron,
Agent de défense des droits
Ex aequo
(514) 288-3852, poste 228
spcaron@exaequo.net